Violoncelle
Représentation : France
Lorsqu'on assiste à un concert de Marie-Elisabeth Hecker, on pourrait croire qu'elle est née avec son instrument dans les bras. Quand elle joue du violoncelle, de préférence les yeux fermés, c'est avec une assurance telle que les membres élancés de la jeune femme semblent faire corps avec l'instrument. Sa façon de manier l'archet, le jeu de sa main gauche, sa présence sur la scène et sa gestuelle, tout cela est si parfaitement naturel qu'on a l'impression qu'elle n'a rien fait d'autre que de jouer du violoncelle depuis une éternité.
Née en 1987, Marie-Elisabeth Hecker a très tôt appris à aimer la musique et à en faire. Dès l'âge de quatre ans, elle avait la certitude que le violoncelle était son instrument préféré. Dans le vaste presbytère qu'habitait la famille, elle a pu pratiquer son instrument comme ses frères et soeurs (quatre aînés et trois cadets) et s'initier à la musique de chambre dans le cadre de formations familiales variables. Le moins qu'on puisse dire est qu'il y avait de la musique dans l'air à Zwickau, cette ville de Saxe ou elle est née, comme Robert Schumann d'ailleurs.
A cinq ans, Marie-Elisabeth Hecker commença à prendre des cours de violoncelle chez Peter Bruns. A douze ans, elle a obtenu le premier prix au concours de la jeunesse musicale "Jugend musiziert" dont elle a encore été lauréate à plusieurs reprises par la suite. Au cours des années qui ont suivi, la carrière de cette violoncelliste d'exception est jalonnée de nombreux autres prix. Parmi les plus importants, on peut citer le prix spécial du concours Dotzauer de 2001 qui lui a permis de suivre des études à l'École Supérieure de Musique "Carl Maria von Weber" de Dresde, mais également le Prix Borletti-Buitoni 2009.
Un succès sensationnel au Concours Rostropovitch de Paris en novembre 2005 a marqué le début d'une carrière internationale. Pour la première fois dans l'histoire de ce prestigieux concours, une lauréate avait remporté non seulement le premier prix, mais également deux prix spéciaux pour son interprétation de la Sonate de Prokofiev qui n'a pas charmé que le jury. Depuis ce concours suivi dans le monde entier et dont des extraits ont été diffusés par Arte, Marie-Elisabeth Hecker compte parmi les solistes et musiciens de chambre les plus demandés de la jeune génération. La violoncelliste allemande qui a notamment perfectionné son art chez Anner Bylsma, Frans Helmerson, Bernard Greenhouse, Gary Hoffman et Steven Isserlis a déjà été l'hôte de nombreux orchestres de renom. Elle a, entre autres, donné des concerts avec le Mahler Chamber Orchestra sous la direction d'Emmanuel Krivine, le Philharmonia Orchestra avec Alexander Shelley, les Münchner Philharmoniker avec Christian Thielemann, les Kremerata Baltica avec Gidon Kremer, les Wiener Symphoniker avec Fabio Luisi, les Dresdner Philharmoniker avec Dimitri Kitajenko, le Mariinsky Orchestra avec Valery Gergiev, le Deutsches Symphonie Orchester Berlin avec Alan Buribayev et l'Orchestre de Paris avec Marek Janowski. Des suites de Bach à la musique contemporaine en passant par les oeuvres romantiques, la jeune musicienne a également présenté un répertoire extrêmement diversifié au public de Baden-Baden, de Barcelone, de Paris, de Munich, de Madrid et de Lucerne
Avec son violoncelle de Luigi Bajoni de 1864, Marie-Elisabeth Hecker a donné au cours de cette saison des concerts couronnés de succès avec le Gewandhaus-Orchester, le BBC Symphony Orchestra avec Jiri Belohlavek, le Netherlands Philharmonic Orchestra avec Jakob Kreizberg, le Royal Flemish Philharmonic avec Phillipe Herreweghe, le Spanish National Orchestra avec Sylvain Cambreling et la Staatskapelle Berlin avec Daniel Barenboim. Un succès dû à un jeu d'autant plus intense qu'il est dénué de tout artifice: "d'une tristesse déchirante et d'une beauté de rêve" comme l'a écrit le journal allemand ZEIT en 2006.
Site Internet : www.marieelisabethhecker.com
10/2010
Photo : Kronberg Academy Sasha Gusov